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BENJAMIN GIRARD
THE GHOST IN THE MACHINE

Du 14 mars au 12 avril 2008. Mar.-Ven. 11h-19h. Sam. 14h-19h
Vernissage le 13 mars 2008 à partir de 19h

Studio Art and You - 14, rue Richer - Paris 9

> Les œuvres présentées
> Le teaser vidéo de l'exposition
> L'espace Galerie de Benjamin Girard
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Benjamin Girard vit à Paris. Il a déjà participé à deux expositions collectives du Studio Art and You depuis son ouverture en juillet 2007.

Il nous tenait à cœur de poursuivre notre relation avec cet artiste dont la pratique et le talent méritent une plus large visibilité, sur la scène française et internationale.

Nous sommes ainsi, aujourd'hui, particulièrement heureux d’accueillir la première exposition personnelle de Benjamin Girard. Intitulée « The Ghost in the Machine », celle-ci se tiendra du 14 mars au 12 avril 2008.

Le titre de l’exposition offre de nouvelles perspectives quant aux mystérieux rapports qu’entretiennent le corps avec l’esprit et la partie avec le tout. Les toiles présentées, dans leur majeure partie produites spécifiquement pour l’occasion, marquent clairement une nouvelle étape dans le travail du peintre.

Si la force de l’artiste réside dans son regard sur nos réalités, elle recèle surtout le pouvoir de résister au temps.

 


Benjamin Girard : L’Ensemble forme un Tout

À l’ère où le public se presse, nombreux, dans les musées, les galeries, les centres d’art, à l’heure où l’art contemporain a la cote, et le marché ses bulles, il demeure une certitude.

L’artiste est à sa place en ce début de vingt-et-unième siècle. À quelle place ? est-on en droit de se demander. À celle qui permet, dans une époque caractérisée par les mutations, à des artistes de changer, de chercher, de se renouveler, dans un flux d’une rare constance.

En théorie, Benjamin Girard n’est pas un adepte des « séries », concept suranné, s’il en est. Dans sa pratique, les séries ont été et sont une constante, justement. Les « Nounes » l’accompagnent depuis ses années de formation, les « Maisons » ont longtemps côtoyé ses « Portraits ». Et si les « Boxers », dès 1998, lui en ont fait voir de toutes les couleurs et lui ont, peut-être, permis de toucher du pinceau sa singularité, c’est certainement la série des Frictions, et celle des Iclônes, entre 2004 et 2006, qui ont permis à ceux qui suivaient son travail d’en explorer le cheminement.

Benjamin Girard incarne cette capacité à trouver en nous, spectateurs circonspects mais avides, le point de bascule. Les sceptiques d’hier regardaient, debouts et concentrés, la série des Boxers, souvent étonnés par l’intimité soudain créée entre eux et la toile, qu’ils ne pouvaient ignorer. Les curieux d’hier, à qui ces œuvres ont permis enfin avec soulagement de « voir la peinture », sont devenus des acheteurs passionnés.

La série, chez lui, n’est pas répétition. Benjamin Girard se promène à travers les champs des possibles histoires, des images potentielles. Sa répétition repose sur la modification infime. Par modification, Benjamin Girard n’entend pas changer, mais transformer. Son mouvement est celui de l’inflexion. Infléchir le trait, à peine, créer autre chose en perpétuant l’image. Reprendre, effacer, recommencer, répéter, s’arrêter. C’est la très lente évolution de chacune de ses séries, qui permet à l’artiste, de créer l’unicité.

La toile est l’autre. Puisque je ne vois pas tout de l’autre, il conserve sa part mystérieuse. Puisque je ne m’offre pas tout entier, je suis bien plus que ce qu’il y a, là. Les personnages de Benjamin Girard n’offrent qu’une partie d’eux-mêmes, mais ils sont si caractéristiques qu’ils existent hors des murs, entre les lignes. Libérés, ils existent « outside the box », hors du cadre.

En échappant aux inflexions de leur parent terrible, lui qui morcelle, recouvre, écarte, voire efface, pour mieux montrer, les personnages de Girard ont toute la liberté d’être. Je suis, même sans tête, même sans mains, même sans voir, je suis pleinement moi-même, je suis l’ensemble qui forme le tout.

Par Mary-Noëlle Dana

 

 

 

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